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Double champion du monde KZ d'affilée — puis il est parti à 27 ans.
Deux championnats du monde KZ en deux ans, puis, à 27 ans, une poignée de main et au revoir. Paolo De Conto a condensé plus de choses en une décennie de course à boîte de vitesses que la plupart des pilotes n'en réussissent en une carrière — et il est parti au moment exact où tout le monde attendait un troisième acte.
Né en 1992, De Conto s'est bâti une réputation dans le quartier le plus dur du karting : les classes shifter 125cc racontées dans notre histoire du KZ. Il s'annonce à l'international avec Energy en remportant la classe reine S1 des SKUSA SuperNationals 2014 à Las Vegas, avant que CRG ne le signe comme fer de lance de son programme d'usine KZ.
Le titre mondial aurait sans doute dû tomber au Mans en 2015, où il mena l'essentiel de la finale avant que Jorrit Pex ne le détrousse à l'épingle du dernier tour. La réponse de De Conto fut impitoyable. À Kristianstad en 2016, il remporte le Championnat du monde KZ au terme d'une finale extraordinaire, avec Anthony Abbasse (Sodi) dans son sillage. En 2017 à Wackersdorf, il récidive — quatrième après les manches, un dépassement légendaire par l'extérieur sur Jérémy Iglesias au premier virage en chemin, puis la victoire en finale sur le poleman Abbasse. Deux couronnes mondiales consécutives, plus le titre européen KZ 2017 scellé en Suède, en firent le roi incontesté de la catégorie. Il couronne 2019 en offrant à BirelART sa première victoire aux SuperNationals en KZ2 — puis, en décembre 2019, annonce sa retraite, quelques mois après que son grand rival Marco Ardigò en a fait autant.
De Conto était un pur racer : brutal dans les manches, glacial en finale, et l'un des meilleurs dépasseurs que le KZ ait jamais vus. Le mouvement sur Iglesias à Wackersdorf — par l'extérieur, premier virage, à la dernière chance — est le genre de séquence que l'on montre aux pilotes juniors comme une leçon magistrale. Il a gagné partout où la discipline comptait : finales CIK-FIA en Europe, SuperNats à Vegas, Race of Stars sur la Gold Coast. Et il était honnête sur le prix à payer. Quand il s'est arrêté, le patron de CRG Giancarlo Tinini a publiquement salué sa détermination et sa ténacité tout en admettant qu'une saison sans lui semblait impossible à imaginer. De Conto a simplement refusé de s'attarder en version diminuée de lui-même — il voulait une vie au-delà de l'auvent, et l'a prise à ses conditions.
Son doublé 2016–2017 demeure l'un des grands sommets de l'ère KZ moderne, décroché face aux plateaux shifter les plus denses jamais réunis : Ardigò, Abbasse, Pex, Lammers, Hajek, Iglesias. Il a aussi prouvé qu'une carrière d'usine en karting pouvait se suffire à elle-même — des titres mondiaux, des victoires aux quatre coins du monde, une sortie au sommet. L'histoire a d'ailleurs une coda. De Conto a refait surface au Championnat d'Europe 2024 à Alcañiz, puis est revenu fin 2025 à la course en KZ1 à Lonato sur un BirelART, casant des week-ends ponctuels autour d'un emploi à plein temps parce que, selon ses mots, la passion le porte encore. Racer à boîte un jour, racer à boîte toujours. Pour les prétendants d'aujourd'hui qui visent son standard, l'échelle passe toujours par le KZ2 — et la cible reste deux titres mondiaux en deux ans.
Sources: Kartcom: De Conto wins the World Championship after an extraordinary Final (2016) · Vroomkart: CIK-FIA World KZ Championship Wackersdorf — Saturday report (2017) · KartSportNews: Paolo de Conto retires (2019) · CanadianKartingNews: De Conto gives BirelART maiden SuperNationals KZ2 victory · Vroomkart: Paolo De Conto — I'm back because I love the sport (2025) · Kartcom: Las Vegas — De Conto super winner 2014